Une rave éphémère pour Pâques


Labyrinthe. Tel était le thème de ce week-end prolongé qui s’annonçait comme l’ouverture de la saison pour tous les fêtards amoureux de nature, de rencontres et de liberté. Un rendez-vous qu’on ne pouvait pas rater, tant les soirées précédentes du collectif Rêves Éphémères & Mystik Ethnik font parler d’elles : Réunisound, Histoire de Géants, Hypnoize, Le Bruit des Arbres…sont autant de soirées qui sont en quelque sorte entrées dans la légende.

 

 

 

« Entre le code à 6 chiffres de ta box »

« Rapprochez-vous du département 44, à 30km au sud de Nantes » indique d’abord une voix sur la boîte vocale, car il est important pour la bonne tenue de l’évènement que les participants arrivent en masse lorsque le feu vert sera donné. Nous attendons donc, non sans une certaine excitation, que l’info définitive soit débloquée. Une fois chose faite, c’est dans un concert de klaxons et d’appels de phares que nous reprenons la route.

C’est une petite route de campagne paisible au sud de Nantes, et pourtant ça bouchonne comme le périphérique aux heures de pointe. On se dit alors qu’on est sûrement sur la bonne route ! Nous suivons naïvement un cortège d’une centaine de voitures qui nous fait visiter successivement plusieurs petits chemins. Serions-nous déjà dans le labyrinthe ? Après 3 ou 4 demi-tours, nous décidons de nous en remettre à notre propre sens de l’orientation.

Arrivés sur place, nous saluons les gendarmes, déjà en poste, mais que l’effervescence générale semble avoir mis de bonne humeur – tant mieux !

 

 

 

Vers l’infini et au-delà !

Le terrain se compose de plusieurs champs en guise de parkings, à partir desquels 5 minutes de marche permettent de rejoindre une clairière bordée d’étangs et de forêt dans laquelle s’est installée la fête.

 

 

Les organisateurs ont tenu promesse, le décor est comme à son habitude : grandiose, colossal. On se rend compte de la démesure de l’installation lorsqu’on aperçoit le DJ, qui semble minuscule au pied de la façade représentant un labyrinthe en relief. Cette dernière, surmontée d’un totem aux yeux clignotants, doit bien faire plus de 10 mètres de haut et sert en même temps d’écran pour les projections et autres jeux de lumières.

 

 

Un poids-lourd et sa remorque sont disposés de part et d’autre du mur de son afin de créer un espace confiné. Comme ils sont peints en noir mate, ils font également office d’écrans géants durant la nuit. Du côté de la sono, rien à redire : les basses sont propres et lourdes, les aïgues ne déchirent pas les tympans, et on peut discuter sans se postillonner dessus.

 

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Enfin, rien ne semble laissé au hasard : le chill-out dans la forêt est agréablement aménagé, l’espace bar prend des allures de troquet pirate avec ses tonneaux, les poubelles sont ingénieusement mises en évidence par une peinture vert-fluo surmontée de consignes de tri pour les nuls, et les structures métalliques sont dissimulées derrière des palissades en bois. La sécurité n’a pas non plus été négligée, et l’accès aux étangs est protégé par du rubalise et des panneaux de signalisation.

 

 

Un son pour les gouverner tous

Il est difficile de caractériser musicalement un évènement Rêves Éphémères & Mystik Ethnik. Par sa programmation éclectique, ce n’est ni une teuf, ni une soirée trance, ni une rave techno mais c’est un peu tout ça à la fois. Le collectif est fortement engagé dans une démarche de revendication de la fête libre (voir : Assaut Pirate) et dans ce sens, on peut dire qu’il réussit à merveille à fédérer les différentes scènes underground. Il suffit de regarder la diversité du public pour comprendre que l’évènement s’adresse à tous les fêtards sans restriction : les gens viennent comme ils sont, ou déguisés, mais rares sont ceux qui ont revêtu leur uniforme kaki de teufeur, ou leurs veston cuir de tranceux  !

 

 

Si certains sont quelques fois frustrés de ne pas y trouver leur compte, d’autres se réjouissent de cette variété musicale qui casse la monotonie d’une soirée trop pointue. Cela permet également de donner une dimension nouvelle à chaque style de musique, sorti de son contexte habituel. Ainsi, nous avons dansé tous ensemble sur des rythmes de techno, minimal, tech-house, tribe, mentale, electroswing, psytrance…et bien d’autres encore. Des styles qu’on n’aurait peut être pas appréciés en club, ou en pataugeant dans la boue, mais qui prenaient tout leur charme sur ce dancefloor ensoleillé et rempli de bonnes énergies. (Mention spéciale pour le set de tribe du matin : on n’a rarement eut l’occasion d’en écouter sur une façace aussi bien reglé, avec un public aussi coloré !)

 

 

Après une pause dimanche après-midi, le son repart pour une deuxième soirée, offrant la possibilité de se faire pardonner les excès de la veille. L’ambiance est différente, plus calme, plus conviviale peut-être. On commence à prendre ses marques, à se sentir à l’aise au milieu de cette nature bourgeonnante en compagnie de ces gens qu’on a appris à connaître durant le week-end. Rêves Éphémères & Mystik Ethnik nous ont démontré une fois de plus leur talent à organiser de belles fêtes. Le public y est également pour quelque chose, par son attitude responsable et joviale.

 

Au final, on aura quand même passé ce week-end de Pâques en famille !

 

 

Report : Cap’taine Tortue

Photos : Maïwenn, Guillaume Le Goff

 

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Et la prochaine ? Consultez le récap’ des soirées électro / techno / trance du mois d’avril

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