Chantepie nous fait raver

Par Stan Marsh le 25 Mars 2013



 

La spontanéité de la grande époque, celle qui a écrit les pages de l’histoire, celle des Teknivals, de la loi Mariani, de tout ce qui se rapproche de près ou de loin du conflit qui plonge l’homme institutionnalisé dans un dilemme digne d’une citation : la liberté de faire des rave est-elle à ce point subversive qu’il faille l’interdire ou la réprimer ? Ce week-end, à Rennes, la réponse était non. Et après la surprise domine surtout le sentiment d’un changement de valeur dans l’attitude des autorités, un changement qui relève peut-être d’un calcul idéologique et politique, mais en tout cas c’est un changement qui fait du bien.

 

C’est un très long boulevard qui n’en possède pourtant même pas le titre. Une artère qui s’étire de la gare jusqu’à la rocade, plein sud-est, à travers des quartiers plongés depuis longtemps dans la pénombre des lampadaires. Une interminable route, où l’on traine ses pantalons trempés par la rosée en vélo, en vieille 106 ou en camtard bariolé. Mais passé la rocade, on le sent. Un nuage de brume stagne au dessus d’un hangar comme pour mieux le camoufler du monde extérieur, pourtant il est entouré de camions de toutes les marques, de tous les âges et de toutes les couleurs. C’est au bruit qu’on sait qu’il est là, et c’est à la puissance de ce bruit que l’on sait aussi qu’il ne devrait pas l’être. Bienvenue en freeparty urbaine, aux portes de Rennes.

 

Et la déco, putain les mecs ! Aret23 a simplement transformé un hangar désaffecté en scène de live plus créativement destructrice, encore d’avantage suave et crépitante que tout ce que l’on a pu voir dans un festival déjà bien installé. Le tout dans la plus totale clandestinité. Ça sent le fer à souder chaud, les lasers fabriqués en chine et jamais homologués, les panneaux de travaux public transformés en sculpture steampunk et les mêmes enceintes artisanales qui servent depuis le passage à l’an 2000. Une ellipse temporelle qui nous replonge dans les plus grandes heures de la free : un public diversifié, rajeunit, coloré, éclectique et toujours aussi déjanté. On aurait pu écrire au rouleau de peinture fluorescente sur le fronton de ce hangar : Hardcore is not dead.

 

Stan Marsh

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