Report : Fin de tournée explosive pour Sexy Sushi

 Par Léouch, mercredi 30 octobre 2013 

 

Nous sommes en 2001 à Nantes. Deux musiciens névrosés et très inspirés, Rebeka Warrior et Mitch Silver se croisent dans les méandres de la citée. La formation de Sexy Sushi est imminante et donne naissance à une tripotée de concerts foudroyants et destructeurs, qui marqueront bien des esprits par leur ton provocateur et spectaculaire.

Le terme « concert » est d’ailleurs peu enclin à décrire ce qui se passe réellement lorsque ce duo monte sur scène, plus proche de la performance, Sexy Sushi écrit de véritables pièces anarchiques sur une musique électroclash.

 

 

La salle de concert rennaise l’Antipode en a fait les frais samedi dernier. Dernière date de la tournée du groupe sur leur double album « Vous n’allez pas repartir les mains vides ? » , la salle affichait complet et était envahie par du gros fans. Le lieu est devenu, sous le regard affligé de la sécurité, le territoir de Rebeka et Mitch. A la vue d’un public peinturluré de toute part et criart, on imagine déjà ce à quoi peut ressembler l’appropriation d’une salle par Sexy Sushi. 

 

 

Et effectivement ça peu devenir déconcertant si l’on ne fréquente pas le milieu punk ou que l’on a pas entendu parlé des actionnistes viennois. Moins ordonné que leurs pères autrichiens mais inspiré par les mêmes dogmes religieux, le groupe se pare d’objets-rituels tout en détournant sans état-d’âme leur utilité initiale. Un autel en polystirène est designé comme projectile géant et est accompagné d’offrandes farineuses dans sa chûte. Les pains deviennent des pigeons morts que l’on balance à tout va d’une figure à l’autre et, avec un peu d’esprit pratique on se sert des morceaux de l’autel comme bouclier. C’est un joli début d’apocalypse orchestré par le groupe, rejoint entre temps par un boureau faisant office de poney et un homme bleu sous élastane. Ce dernier déclamant  des poèmes enfantins aux fins abjectes lorsque Rebeka l’y invite. 

Le public, bien plus participatif que lors des performances muséales, se dénude au rythme de la chanteuse qui dans son accoutrement habituel (des scotchs noirs sur les tétons) se laisse envahir par la foule transpirante ou s’y jette complètement.

 

 

La mise en scène suit son cour, telle une messe peu catholique au protocole vigoureux. Se mêle à la sueur des corps des projections de ketchup, de terre, et de peinture bleue, balançées comme des bénédictions scandaleuses. Si on s’attarde à contempler les images que créer l’ensemble on peut y voir les scènes orgiaques de nos prédéceceurs grecques, qui ivres de vins et de plaisir, adoptaient des comportements plus que décomplexés.

 

Dans ce show les sourds et muets ne sont pas délaissés, perché sur un socle, l’homme élastane répondant au doux nom de « Kiki poésie » se fait une mission de traduire les textes très crus des morceaux. L’enchaînement de gestes obscènes effectués de manière impassible est troublant et rend les textes provocants presque banals. 

 

 

Le concert se termine brutalement, la foule redescend de la scène où elle dansait de façon frénétique quelques minutes plus tôt, et abasourdie par ce vide, elle se rhabille pudiquement. Une sensation surréaliste nous envahit comme au sortir d’un rêve étrange. 

Pas de doûte, les musiciens de Sexy Sushi transportent avec eux toute une mythologie parodiant nombreux faits politico-sociaux et nous plongent sans encombre en son sein. Chose promise, chose dûe: on ne repart pas les mains vides.

 

 

 

- Léouch

 

Vidéo du premier morceau, par RennesTV.fr  :

 

 

 

 

 

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