Report : Route du Rock collection hiver

Par Jeanne Nicolle,  28 février 2014 

 

Mercredi 19 février 2014 à l’Antipode.

 

Depuis 9 ans déjà, la Route du Rock se décline en une édition d’hiver : une programmation pointue et éclectique qui réchauffe l’hiver breton, et annonce les tendances musicales qui feront l’été. Le rendez vous avait lieu à l’Antipode pour le lancement de cette édition 2014.

 

Routedurock 

La soirée commence calmement dans la MJC de Cleunay avec le concert de Michel Cloup et la présentation de son nouvel album « Minuit dans tes bras ». On ne peut pas dire que le chanteur soit de ces artistes qui séduisent d’emblée à la première écoute. Ancien membre du duo Diabologum, il chante essentiellement  l’amour perdu et la difficulté d’être. Si les fans de la première heure sont présents, et ils sont nombreux dans ce public majoritairement quarantenaire de la Route du rock, il est difficile de convaincre dans une salle aussi froide que l’Antipode.  On aurait davantage apprécié ses chansons d’amour (perdu) dans une atmosphère plus intime, dans une salle comme celle de l’Aire Libre par exemple. À peine le temps de s’imprégner du concert que c’est déjà la fin. Le charme finit tout de même par opérer, mais il est déjà temps pour le toulousain de rendre le micro et de laisser place aux autres groupes de la promotion hivernale de la Route du Rock.

  

  

C’est alors au tour du bordelais Petit Fantôme. Petit Fantôme c’est de la pop mélancolique chantée en français qui ressemblerait à un tableau d’art naïf. C’est aussi le projet solo de Pierre Loustaunau, aussi membre de François and the Atlas Mountain et de Crane Angels. Sa mixtape (Stave) fût accueillie de façon plus qu’enthousiaste au printemps dernier, et c’est accompagné de ses musiciens, issus également de la scène bordelaise et tous déguisés en  Ghostbuster, qu’il se produit. Il chante en français (et c’est suffisamment rare de nos jours pour qu’on le souligne) et en nous promenant sur des plages hawaïennes, il nous met du baume au cœur. On retiendra de la dizaine de morceaux joués ce soir-là les magnifiques « Peio » et « Dans le vent ». On se laisse prendre au jeu et porter par ses ballades pop, et le concert passe trop vite. À peine le temps de se rendre compte que notre bière est vide et qu’il faut aller se réapprovisionner que c’est déjà fini. Définitivement la belle surprise de la soirée.

 

 

Viennent alors les très chagrins Cristal Stilts, chargés de clôturer la soirée. Voix caverneuse, ambiance glauque et clavier sépulcral, le groupe livre le set auquel on pouvait s’attendre après l’écoute de leur dernier album Nature Noire. Mais si on est séduit sur disque, on regrette un manque d’assurance certain, autant dans les sons que dans l’attitude du chanteur, qui donne l’impression de n’avoir pas très envie d’être là. Après réflexion, c’était peut être voulu. Quand l’année dernière JC Satan clôturait la soirée avec beaucoup d’énergie, on peine ce soir-là à rentrer dans l’univers des New Yorkais, et l’on reste sur notre faim. Déception qui ne fût pas partagée par certains, au vu des différentes réactions à la sortie de la salle.

 

 

Reprenant un triptyque assez semblable à l’année précédente, avec un chanteur reconnu (on se souvient avec émotion du leader de Grandaddy, Jason Lytle, qui ouvrait la soirée il y a un an), et enchaînant avec des jeunes poulains,  cette soirée au bilan en demi-teinte respecte la patte de la Route du Rock, avec ce choix de programmation audacieux qui la définit depuis ses débuts. 

 

 

 

Jeanne Nicolle

Photos : Titouan Massé

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