Report : Répète Publique à l’Élabo – 16/02/2014

Par Adrien L., 25 février 2014 

 

Théâtre de l’Élaboratoire, dimanche 16 février 2014

 

Après un week-end de fêtes intenses on pourrait se dire qu’il est de bon ton de se reposer avant de retourner au boulot. Le dimanche ne fut-il pas créé dans ce seul et unique but   ? Dieu lui-même ne s’est-il pas reposé au 7ème jour de la création ? Dieu peut-être, mais les rennais sont faits d’une autre trempe, car le dimanche, une fois par mois, c’est Répète publique de l’Élaboratoire et on ne va pas manquer ça !

 

 

Qu’est-ce que la répète publique ? Une répétition c’est ce moment qui se trouve entre l’écriture d’un spectacle et sa première représentation. C’est pendant cette phase que s’effectue tout le travail de mise en scène. Les artistes à force de tentatives, d’ébauches, d’essais infructueux finissent par trouver le ton propre pour donner vie à ce qui n’était qu’un texte ou une idée. Dans la plupart des compagnies ces répétitions restent fermées au public, mais l’Elabo nous propose d’assister à ce moment important dans la création d’un spectacle. 

 

 

 

Évidement, nous n’allons pas assister à une véritable répétition, qui reste une phase de travail, mais plutôt à la représentation de spectacles à différents degrés d’achèvements. C’est pour les artistes une bonne manière de roder leur numéro, de tester devant un public ce qui marche ou pas, mais aussi de se faire plaisir devant un auditoire familier, décontracté et réactif. Depuis ses premiers jours, l’Élabo s’est placé en promoteur des arts-vivants et a toujours cherché à rapprocher les artistes de leur public. Le but étant de permettre à ces deux mondes, d’habitude séparés par la scène, d’interagir et de s’enrichir mutuellement. Et il faut convenir que l’Élabo y arrive plutôt bien.

 

 

 

Nous ne sommes manifestement pas les seuls à avoir bravé la gueule de bois et le froid pour venir, car la salle est pleine. On doit se tasser aux pieds des gradins pour ne pas déborder sur la scène. Nous assistons donc aux représentations de trois spectacles montés par des artistes de passage, dont certains ont déjà séjourné plus ou moins longtemps dans la plaine de Baud. Un premier spectacle nous emmène au cœur d’ un dialogue entre un maître et son élève, tous deux artistes. La fougue de la jeune élève va se heurter à la résignation et au dégoût du maître pour nous mener à une réflexion sur l’artiste engagé. 

 

 

Le second spectacle nous projette dans un univers plus enfantin, où la jeune artiste de la compagnie la Grosse Bertha nous propose un enchaînement de scénettes très dynamiques et fort bien mises en lumière. Mais attention, enfantin ne veut pas dire que l’on se retrouve dans une ambiance façon Casimir et l’île aux enfants. On est plutôt chez les mômes qui s’arrachent les croûtes parce que ça fait «un peu mal». Il se crée une véritable tension tout au long du spectacle entre des moments joyeux qui subitement basculent vers le glauque. Les deux se répondant subtilement, faisant voler en éclat pas mal de convenances.

 

 

Pour le troisième et dernier spectacle, c’est un couple qui monte sur scène, lui au piano et elle en danseuse classique. Ce duo déjanté nous propose un spectacle qui l’est tout autant. Ils se séduisent, s’engueulent, se séparent, se rabibochent tour à tour, à travers la musique et la danse, dans un ballet sans paroles mais qui ne manque pas d’humour. Une représentation dynamique où le public est pris à parti et devient un accessoire du spectacle. 

 

 

La soirée se poursuit par un concert, puis par un bœuf musical ; la scène devient alors un espace où chacun peut venir s’exprimer.

 

La répète publique n’est pas un événement qu’on fréquente (juste) parce que l’entrée est libre et que la bière est bon marché. On y vient pour vivre une expérience authentique et conviviale qu’on ne trouve nulle part ailleurs. À l’opposé des salles de spectacle conventionnelles, froides et impersonnelles avec leurs beaux fauteuils rouges et leurs rideaux noirs, où le silence est si lourd qu’on s’en retient de respirer pour ne pas déranger le voisin, le théâtre de l’Élabo est un endroit qui sait nous mettre à l’aise. On s’y sent un peu comme à la maison avec ses murs décrépis, ses repas en prix libre, ses canapés et ses têtes qu’on recroise d’une fois sur l’autre. C’est cette atmosphère particulière qui donne une autre dimension aux spectacles, car le public n’est pas timide et les rires sont spontanés. Pour combien de temps encore jouirons-nous de ce tas de briques qui contribue à la richesse culturelle de la ville   ?

 

 

Il ne tient qu’à vous de manifester votre soutien en signant la pétition contre l’expulsion du lieu.

 

   

Plus de photos : voir l’album facebook Répète publique de l’Élabo

 

Adrien

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