Report : Plus de 5h de live à Mad Rock Night

Par Elisa, le 7 mars 2014 

 

1988 Live Club, jeudi 20 février 2014

 

 

Mad rock night, au 1988. Douce montée. Succession de 4 groupes, en crescendo : Picci, Odds & Ends, A light goes out, Lys. Dans le club, tout semble couler, aller de soi. Quiétude. La salle avait cette nuit là des airs de refuge. Nulle foule, mais tout de même, légère effervescence. Juste mesure. Venus se bercer au gré des sons, les rennais en ont eu pour leur plaisir. D’un rare réconfort en ce milieu de la nuit.

 

 

 

Des mecs sympas, barbus en pulls jacquard, nous servent la mise en bouche. Ce petit rock à consonances blues nous fait entrer dans la soirée, tout en volupté. De tout plaisir et à la cool, les deux compères de Picci commencent à gratter. Deux guitares, une voix railleuse, un brin de mélancolie, on partirait bien en road trip en leur compagnie. Ils nous promèneront une petite heure puis s’en iront gaiement, bière à la main.

 

Le chanteur et guitariste de Picci en pleine balade

 

 

Entrent alors en scène les Odds & Ends. C’est dans un véritable écosystème que ces quatre parisiens nous entraînent ; platines, tambourin, basse, guitare, batterie, voix féminine, masculine. Une transe douce et forte à la fois, tantôt berçante, tantôt stimulante. Ce fut un véritable éveil qu’ils déclenchèrent, une impulsion à la réflexion. Un bric à brac musical emprunt de gravité et de profondeur. Ils transposent leur univers sonore dans l’espace à merveille. On les croirait au bord de l’orgasme tant leurs grimaces sont marquées. Ce qui est beau dans ce groupe, c’est cette merveilleuse fusion que l’on sent entre les musiciens. L’un reprend l’autre. Ils se complètent et s’écoutent. Puis tout d’un coup, boom. Fin de la partie, c’est un agréable moment qui se termine. 

 

 

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La petite troupe des Odds & Ends

 

 

Au tour de A Light Goes Out. Chacun des membres a sa personnalité, c’est un mélange plutôt hétéroclite. L’alto chiale en envoyant de lyriques envolées, tandis que les guitares, la basse et la batterie les déniaisent, les désabusent. Ce groupe est un échantillon d’humanité, extrêmement touchant. Les airs à la « tout n’est pas fini, il reste encore de l’espoir » n’en finissent plus. Mine de rien, c’est l’instrument le plus frêle qui est le plus fort. L’alto, comme du vent. Pourtant léger, il porte tout. Le club est paisible. Les corps jusque là inertes, commencent à vivre. Le mouvement s’installe. Et comme une apothéose, l’intégralité du groupe vient pousser la chansonnette dans le public, encourageant ce dernier à les accompagner par des onomatopées. Une belle conclusion, toute en proximité. 

 

 

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Le guitariste de A Light Goes Out, en transe

 

 

Arrive la tornade finale. Lys. Du son brut, fort et énergique. De la tension dans les corps, des cambrures, des postures. Des faces à faces, de la force, quelque chose de physique. Du rock & roll à l’état pur. Les chants sont lascifs, quasi sexuels. À l’échelle de cette nuit, l’on peut véritablement dire qu’ils mettent le feu. Les guitares électriques profitent de ce temps de défoulement. Notes qui dévalent, coulent en trombes. Lys en est presque cliché, mais la qualité de leur prestation les excuse. Leur exaltante vigueur de même : les regard sont vifs, éveillés. 

 

 

La guitariste de Lys

La guitariste de Lys

 

 

Contagion : dans le public, les visages s’écarquillent. Cette musique se ressent, et sa force perdurera tant que l’on ne l’intellectualisera pas. Un retour à nos instincts les plus primitifs, une animalité déchue que l’on ravive, des animaux en état de survie. Une corporalité ranimée.

 

 

 

En somme, ce fut une fois de plus un beau moment que nous offrit le 1988. Une sélection de groupes rock très variés les uns des autres, un ordre de passage concocté avec soin et une ambiance feutrée.  Bien malheureusement Juveniles, le DJ set final ne sera pas passé, cassant l’audacieux pari du club de mélanger des artistes rock et leur public avec des DJ et clubbers de boîte de nuit. Cet « avènement de la mixité et du mélange des genres, en mode anglo-saxon » comme le promettait le programme, sera pour une prochaine fois, du moins on l’espère.

 

 

 

 

Elise Brivoal

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