[Report Mythos] Les Airnadettes, Feu!Chatterton, Soviet Supreme

Par Noé, le 24 avril 2014

 

 

Il est 18h, l’installation du festival Mythos au Thabor grouille de monde. Certains sont allongés dans les transats, d’autres, assis sur les tables misent à disposition, discutent autour d’une bière. L’ambiance dehors est bon enfant, il fait beau, l’endroit est très plaisant…

 

Ce qui nous intéresse ici se passe sous la tente Magic Mirror : il s’agit du show d’ouverture de la soirée « Tout le monde est un peu dingue » signé les Airnadettes. Ce spectacle raconte l’histoire d’un groupe un peu nul qui se fait repérer un beau jour par son voisin producteur, le grand Philippe Rizotto. Les bons à rien vont alors connaître la vie de rock star, la drogue, le sexe, les embrouilles, les tournées … Pour la forme, tous les dialogues (hormis les interludes du producteur) sont issus d’une multitude de films, le tout calé sur une bande-son mimée par le air band. Vous suivez ? C’est comme du airguitar mais avec la voix. Du « air voix », quoi… ! Le airguitar fait d’ailleurs partie intégrante du spectacle. Il faut dire que la troupe possède un sacré CV dans ce domaine et nous le prouve avec des séquences musicales complètement barrées. De Marvin Gaye à Britney Spears, de AC/DC à Gunther and The Sunshine Girls, c’est tout le panthéon (et le reste) de la musique contemporaine qui passe à la sauce Airnadettes.

 

Le groupe réussit à captiver le public, la recette est efficace : rock’n'roll, humour à la limite du trash et costumes délirants. Mention spéciale pour le personnage de Rizotto qui, avec ses monologues hilarants, aura su mettre la salle dans sa poche en caricaturant (à peine) le producteur véreux de base : nihilisme, argent et majeur en l’air…

 

Le spectacle termine sous les confettis et les canettes gonflables de 86 nageant dans la foule. En bref, de quoi mettre les gens de bonne humeur… on assiste donc logiquement à un tonnerre d’applaudissement.

 

Selfie façon Airnadettes - (Photos Gaëlle Evellin)

Selfie façon Airnadettes – (Photos Gaëlle Evellin)

 

19h30 : La foule quitte la tente Magic Mirror. Une partie reste sur les lieux pour le conte de Maître Fendard, le reste envahi le restaurant du festival ou rentre dîner à la maison avant la soirée musicale. Rendez-vous à 22h30…

 

 

 

 

Il fait maintenant nuit et un poil plus froid que tout à l’heure, mais pas de quoi entamer l’enthousiasme du public venu pour l’occasion. Les portes ouvrent, tout le monde rentre et trouve une place à sa guise sous le chapiteau. Feu! Chatterton est juste devant nous. Le jeune groupe de parisiens termine ses balances pendant que chacun s’installe. Au bout d’une vingtaine de minutes, le concert commence avec un titre lent et mélodique, une manière de nous faire entrer en douceur dans leur univers. Sans un mot, ils enchainent avec leur seule chanson disponible sur le net : La Pinède. Si le groupe parvient dans le futur à élargir son cercle d’auditeurs, ce morceau n’y sera pas pour rien. Demandez-donc au hipster barbu qui reprend le refrain à pleins poumons, là dans la fosse, ce qu’il en pense….

 

La suite du set alterne les moments calmes et les passages plus électriques. Les guitaristes titillent les synthétiseurs et les boites à rythmes, ils sont suivis d’un batteur et d’un bassiste imperturbables, ces derniers servant de pilier à l’expérimentation mélodique des premiers. Tout un programme… Dominant le tout, le chanteur moustachu déclame des textes inspirés, moins naïfs qu’ils ne le paraissent et traitant de sujets aussi variés qu’inattendus. Le public pourra raconter qu’il a entendu ce soir un poème sur le naufrage du Costa Concordia (d’après le frontman) plutôt réussi, sans rire. La voix est là aussi : on sent qu’il y a de la ressource, ce qui le différencie de la plupart des artistes spoken-word de la nouvelle vague (Fauve, pour ne citer qu’eux).

 

 

Même s’il y a encore à travailler, le potentiel est indéniable, un peu comme un bon vin pas encore millésimé. Après 35 min de concert, on nous annonce la dernière chanson, mais qu’on se rassure « on en aura pour notre argent ». C’est parti pour un long morceau d’au revoir, parfait pour quitter le groupe « révélation » du festival.

 

Un timide « on aime Rennes » et les voilà en backstage. La lumière se rallume, le changement de scène s’amorce, le public à l’air ravi, les appréciations sur la prestation vont bon train, l’avis global est positif. En même temps, ils étaient sympas…

 

Le jeune chanteur de Feu ! Chatterton plongé dans ses paroles - (photo Lou Kolmxs)

Le jeune chanteur de Feu ! Chatterton plongé dans ses paroles – (photo Lou Kolmxs)

 

 

 

Les deux DJ de Barbes & Velours nous font patienter avec des titres hip-hop old school : IAM, House of Pain ou encore le Prince de Bel-Air. Mise en bouche pour le concert à venir….

  

Allez, c’est parti pour le second live de la soirée ! Live ou spectacle, on ne sait pas trop, tellement l ’univers du Soviet Suprem est exploité au maximum.

 

Le groupe (2 MC, un DJ et un violoniste) se présente sur scène après un discours d’introduction à leur renouveau communiste. Arlette Laguiller liked this !

 

Silvester Staline et John Lenine assènent leurs rimes bolchéviques à la face d’un public totalement acquis à leur cause. Les gens sautent, chantent, crient, l’ambiance est montée d’un cran. Les deux compères en profitent et font valser la fosse de droite à gauche : ils sont comme chez eux ici et le prouvent avec habilité.

 

Pendant ce temps, le violoniste sort quelques solos bien sentis, comme s’il tentait d’introniser le concept de « violon hero »…

Car non, le Soviet Suprem, ce n’est pas que du hip hop ! Durant un instant, R.WAN aka Silvester Staline nous emmène au Raspoutine, bar clando du coin à l’ambiance soviéto-acoustique. Le contraste est saisissant : une foule de jeunes (et de moins jeunes) occidentaux chantant des chants traditionnels soviétiques, au son du violon et de la guitare classique, comme s’ils y croyaient vraiment. On peut applaudir les artistes.

 

Entre un morceau de ska fou à la Madness, (un titre qui fait penser à ce vieux Bobby Lapointe) ou des airs que ne renieraient ni les Ogres de Barback ni les Têtes Raides, les influences ne manquent pas.

 

Un masque des Pussy Riot sur la tête, les voilà toujours opérationnels pour revenir à leur idée de base : faire la révolution rouge du dancefloor en menaçant de jeter au goulag les récalcitrants qui ne bougeraient pas comme des fous sur leur musique… ! Pari réussi pour les éléctro-bolchéviques : pour leur dernière chanson la foule hurle et danse, des gens plongent dans le public, les MCs offrent une bouteille (pas une bouteille d’eau !) au premier rang et terminent leur grande messe communiste par un adage qui les caractérise bien : sexe, accordéon et vodka…

 

Le groupe aura électrifié l’ambiance, laissant un auditoire bouillant au groupe suivant : Mister Valaire.

 

Soviet Suprem en pleine action - (Photo Lou Kolmxs)

Soviet Suprem en pleine action – (Photo Lou Kolmxs)

   

 

Noé  

 

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