Report – Jacques @ Maintenant

Jacques est un énergunème. « Mais c’est quoi cette coiffure ?! » était sur toutes les lèvres sitôt le personnage dans la lumière. Invité du festival Maintenant à Rennes, Jacques a plu. Installé dans le théâtre du Vieux St-Etiennes, l’ambiance curieuse s’est transformé en expérience live passionnante.

 

Jacques au festival Maintenant

 

Les gens fument une clope en discutant naïvement dans le petit parc qui jouxte l’ancienne église. On rentre. Le lieu est éclairé à minima, deux spots sont braqués sur les quelques flightcases qui servent de scène. Jacques est déjà à l’oeuvre. La petite troupe observe, écoute, intriguée. Une incompréhension flotte. L’artiste enchaine les sons étranges et se comporte d’une drôle de façon. Parfois semble-t’il s’éclater tout seul sur sa musique cérébrale, se foutant ouvertement de la gueule de son public. Puis de temps à autre, on note une lente construction de mélodies houses.

 

 

Personne ne danse, mais la salle ne cesse de se remplir. Certains sont partis s’allonger pour apprécier l’oeuvre Seventeen de Nils Völker installé face à la scène. Des oreillers lumineux qui se gonflent et dégonflent aléatoirement. Rien ne lie l’installation à Jacques, sinon notre incompréhension la plus totale. Puis l’homme à la tonsure de moine prêche la bonne parole : « Il y a quelque chose que je ne comprends pas. » 

 

Les mélodies forment des morceaux. La machine s’emballe. Jacques fourni une véritable prestation live, samplant des objets en direct, présentant parfois la provenance de certaines boucles, comme le crépitement du feu, l’eau ou cette entêtante flute de pan. Il s’agit autant d’une expérience sonore, l’acoustique est vraiment parfaite, que d’une performance. Jacques est autant un musicien qu’un personnage dont il s’agit d’accepter le délire. Nonobstant les codes du live électronique tel qu’il est aujourd’hui admis, notre homme joue avec le public, lui promettant des choses qui ne viennent pas ou en lui balançant une alarme incendie, efficace pour réveiller les inattentifs.

 

Jaques Auberger - pochette album Tout est magnifique

 

Mais Jacques est généreux. L’amour nait, les corps bougent, applaudissent et s’exclament de surprise, visiblement ravis. Jacques en fait toujours plus, saisi sa guitare, prend de la hauteur et invite même l’un de nous tripatouiller le fader du kick. Mention spéciale à celui qui a offert sa casquette pour cacher cette calvitie artificielle. L’expérience finit par un tonnerre d’applaudissements et un morceau bonus.

 

Jacques est grand, et reviendra aux Transmusicales.

 

 

 

 

 

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