Report : Couvre Feu, ce festival qui vend du rêve

 Par Victor, lundi 30 septembre 2013

 

Photo : Fabien Espinasse / Couvre Feu

Crédit photo : Fabien Espinasse / Couvre Feu


 

Il y a des festivals où lon s’amuse, et d’autres où lon trouve le temps long. Des festivals où l’on se sent oppressés, et des perles rares qui respirent encore la liberté. Il y a des festivals qu’on refera chaque année, et d’autres qu’on regrette dès le premier jour.

 

Le festival Couvre Feu, à Corsept, c’est un peu notre champion toutes catégories. Un festival qu’on ne se lasse pas de faire et refaire au fil des années, et qui nous laisse toujours un souvenir intarissable. On se rappelle encore nos premières éditions : tout chevelus à pousser nos caddies pleins de bière. Maintenant on est plus proches de la calvitie et c’est une poussette qu’on balade !

 

Alors pourquoi donc celui-ci plus qu’un autre ? Tentons d’analyser cette recette qui nous plaît tant.

 

 

 

Un emplacement idéal

 

Photo : Fabien Espinasse / Couvre Feu

Crédit photo : Fabien Espinasse / Couvre Feu

 

 

La bourgade de Corsept est un petit coin tranquille en bord de Loire, à quelques kilomètres de l’estuaire, qui jouit d’un climat particulier : en pleine canicule il y a toujours ce petit vent rafraîchissant, et quand il fait moche, ça ne dure jamais très longtemps car l’estuaire a ce don d’aspirer les nuages vers l’intérieur des terres. Mais la plus grosse aubaine, c’est que tout le festival tient dans un même champ, ce qui facilite grandement les allers-venus entre le camping, le parking, et le festival. 

 

C’est un luxe dont peu de festivals peuvent se vanter ! Trop souvent on se retrouve à marcher des kilomètres pour rejoindre l’un ou l’autre point stratégique, et on se retrouve même parfois complètement isolés des copains, qui, arrivés à la bourre, vous supplient quand-même de venir prendre l’apéro au camping 47B.

 

 

 

Un festival qui a une réelle identité

 

Photo : Fabien Espinasse / Couvre Feu

Crédit photo : Fabien Espinasse / Couvre Feu

 

 

Quand on pense Vieilles Charrues, on pense sponsors et troupeau de mouton, pas vrai ? Mais quand on pense Couvre Feu, on revoit ses chapiteaux bariolés, son univers graphique (t-shirts, gobelets, illustrations diverses), son ambiance délirante, son Café des Amis…Oui ! Si on vient à Couvre Feu, c’est pour tout ça ! 

 

L’esprit du festival perdure d’ailleurs toute l’année, car l’association organise régulièrement tremplins, soirées concerts et autres représentations théâtrales pour aiguiser en permanence la curiosité de son public.

 

 

 

Une programmation fidèle à l’esprit du festival, exit les groupies et le star-système.

 

Photo : Fabien Espinasse / Couvre Feu

Crédit photo : Fabien Espinasse / Couvre Feu

 

 

En 12 éditions, la programmation du festival n’a jamais déçu. Elle a toujours su se focaliser sur l’ambiance et l’énergie communiquée par les artistes, plutôt que sur l’attrait des « grands noms ». C’est ainsi que des groupes sont déjà passés 2 ou même 3 fois…mais on en redemande ! L’atmosphère est toujours électrique sous les chapiteaux : selon l’humeur du moment, on saute, on plane, on pogote, on chante d’une seule voix… Tant et si bien qu’on n’ a même pas besoin de consulter le programme. Mieux vaut se laisser guider à l’aveuglette et se faire surprendre par de belles découvertes !

 

Un line-up éclectique donc, où les penchants musicaux s’oublient au fil des ambiances qui émanent des scènes : les chansons festives et poétiques de Debout sur le Zinc, le Rock déjanté d’Inspecteur Cluzo, le Dub survitaminé de la Kinky machine, les textes engagés de Keny Arkana, la voix percutante de Patrice ou encore la Drum’n'bass tabassante de Kamo & Krooked sont autant de styles variés qui ne manquent pas d’enchanter les foules.

 

Cette programmation diversifiée attire un public hétéroclite et aguerri, ni trop jeune ni trop vieux, avec qui l’on se trouve instinctivement des atomes crochus.

 

 

 

Le village des chapiteaux : un petit monde pour tout oublier le temps d’un week-end

 

Photo : Fabien Espinasse / Couvre Feu

Crédit photo : Fabien Espinasse / Couvre Feu

 

 

Le festival a cette particularité d’être abrité sous 7 chapiteaux, et c’est cela qui donne réellement du caractère au festival. 

Un chapiteau, c’est un peu l’emblème de la fête, c’est comme une bulle qui nous isole du monde réel, un espace de confinement qui nous unit tous pour profiter de l’instant présent , à l’opposé d’une scène massive et impersonnelle, plantée là au milieu d’un champ, devant laquelle on se sent comme une petite fourmi perdue dans la masse.

 

Il règne à Couvre Feu une atmosphère féerique, amenée par les chapiteaux mais aussi par l’omniprésence des illustrations de l’artiste Eric Fleury qu’on retrouve un peu partout sur le site. De plus, l’organisation a le bon goût de ne pas gâcher le paysage par des sponsors trop présents, ou un service de sécurité trop visible.

 

Parlons-en du service de sécurité : des gens sympas, flexibles, compréhensifs…Fichtre ! Ça fait plaisir de traiter avec des êtres humains pour une fois !

 

 

 

Les animations du camping 

 

Photo : Fabien Espinasse / Couvre Feu

Crédit photo : Fabien Espinasse / Couvre Feu

 

 

Le camping de Couvre Feu, c’est un peu comme le Club Med’ ! Les anciens se souviendront, entre autre, des prestations du fameux Dub FX qui s’était produit quotidiennement en 2009 au milieu des tentes, nous composant sa drum’n'bass acoustique avec la seule aide de son mégaphone. Depuis 2008, nous avons également droit aux improvisations hilarantes de la troupe du COUAC. Grands moments de convivialité et de rires partagés ! Des gradins ont même été installés afin de pouvoir maximiser la visibilité des spectacles.

 

Photo : Fabien Espinasse / Couvre Feu

Crédit photo : Fabien Espinasse / Couvre Feu

 

 

Mais le temps fort de cette année 2013, c’est le speed dating qui s’est déroulé le samedi après-midi.

Installés à même le sol en deux rangés, les participants (quelque peu dévergondés par l’heure avancée de l’apéro) avaient une minute pour faire la connaissance de leur partenaire d’en face (mais pas toujours du sexe opposé !) avant de se décaler d’un cran. On trinque, on s’échange des recettes de mélanges, on parle des concerts de la veille…et puis soudain on se rappelle pourquoi on est là. (« Au fait, est-ce que tu baises ? »).

Il y a des fois ou la franchise paye, et d’autres où c’est votre voisin de gauche qui vous paye un coup. Dans tous les cas, on en ressort enrichis de nouvelles connaissances qu’on recroisera tout au long du week-end.

 

 

 

L’after traditionnel sur le parking

 

Photo : Fabien Espinasse / Couvre Feu

Crédit photo : Fabien Espinasse / Couvre Feu

 

 

Parce que dormir c’est tricher, allons tous taper sur une poubelle ! Même ceux qui ont passé l’âge y trouvent leur compte, car bien qu’un panneau indique que « L’aire prévue pour les soundsystems et les djembés est à 150km » (d’ailleurs, des potes m’ont appelé tout à l’heure, ils cherchent toujours !), il y a une certaine tolérance envers la diffusion de musique sur le parking des camions (tant qu’on ne sort pas un mur d’enceintes..!). Disons plutôt que c’est une tradition dont on ne démord pas si facilement après toutes ces années.

 

Couvre Feu, c’est aussi ça : le plaisir de savoir qu’à la sortie des concerts, la soirée n’est pas tout à fait finie, et qu’il sera toujours possible d’aller se boire une dernière (ou avant dernière) canette devant un petit son Dub, Trance ou Tekno avec les copains.

 

 

Crédit photo : Fabien Espinasse / Couvre Feu

Crédit photo : Fabien Espinasse / Couvre Feu

 

 

Couvre Feu est donc un festival qui a une réelle identité, qui sait entretenir une relation étroite avec son public et cultive un sentiment d’appartenance dont il est difficile de se défaire. Chaque fin de mois d’août, il nous transporte dans son petit monde bariolé, où le climat, l’atmosphère et la programmation irréprochable nous font oublier que c’est presque la rentrée.

Toi qui n’as jamais mis les pieds à Corsept – peut-être que cet article t’auras mis à l’eau à la bouche ! Tu trouveras toutes les infos sur www.couvrefeu.fr

 

Pour les autres, on se dit à l’année prochaine ?

 

 

- Victor

 

 

 

 

 

 

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