Rendez-vous sous la couette – TNB

Du 19 au 23 Novembre 2013 / Festival Mettre en Scène / TNB / Rennes

 

Nous sommes 30 en tout à attendre devant la petite salle du TNB. Par groupe de 6, l’ouvreur nous fait pénétrer dans un petit couloir sombre, croulant sous les petites boîtes en carton. Un homme assis, une ampoule faiblarde pour tout éclairage, nous accueille d’un simple sourire calme, et nous fait tirer au sort un petit papier affublé d’un symbole. Le mien représente un flocon de neige et une clé de sol. Qu’est-ce qui nous attend ? Qu’est-ce que ça signifie ?

 

Il nous amène alors à chacun la petite boîte en carton correspondant au symbole que le hasard a choisi pour nous, et nous demande tout doucement d’ôter nos chaussures, puis nous propose d’avancer tout seuls comme des grands à travers le labyrinthe de boîtes.

 

Tous les 6 on se regarde, mi-rieurs mi-curieux, et on avance dans la pénombre.

Nous arrivons finalement sur scène, dans une brume de naphtaline, et l’on découvre trente lits disposés en rond, et une femme habillée de blanc servant des petits verres de thé. Au son des oiseaux elle nous dirige chacun vers notre petit lit et revient nous border quand l’habituelle suractivité de nos corps repousse un peu trop la couette.

Un autre groupe arrive, s’installe à son tour, pendant que nos esprits glissent dans une douce torpeur.

 

Photographie : Arnaud Gautier Source : theatrealenvers.fr

Photographie : Arnaud Gautier Source : theatrealenvers.fr

 

 

Le sommeil me gagne, je me dis que j’aurais du passer ma journée à dormir pour ne surtout pas rater une miette de ce spectacle si singulier.

Mais j’ai tort de penser à ça, d’empêcher la profonde détente qu’on me propose d’assumer.

Je me laisse avoir par un sommeil léger, entrecoupé d’images rêveuses ou cauchemardesques. Des scènes totalement oniriques entrecoupées de noir et de silence, un marionnettiste hypnotiseur qui manipule un petit bonhomme perdu dans une maison de carton, puis une figure effrayante à tête de buffle qui se promène près de nous en trainant de grand tissus blancs, et des danseuses aux visages déformés, et une chanteuse à la voix tellement douce que ça rappelle les comptines d’enfant… Je ne suis même pas sûre de ce que j’ai vu, même pas sûre que mes voisins dormeurs ont ressenti les mêmes frayeurs et apaisements soudains, c’est là toute la magie du spectacle.

 

Photographie : Arnaud Gautier Source : theatrealenvers.fr

Photographie : Arnaud Gautier Source : theatrealenvers.fr

 

Réveillés en douceur de cette torpeur par la lumière qui monte peu à peu, chacun se redresse dans son lit et regarde autour de lui, hallucinant presque. De légers applaudissements surgissent, moi je n’arrive pas à me résoudre à taper des mains au réveil, c’est aussi absurde que si je me félicitais d’avoir rêvé en me levant le matin. 

La pile de cartons remplis de chaussure est au milieu de tous les lits, comme des enfants le matin de Noël chacun cherche le sien, j’enfile mes godillots et sors abasourdie de ce voyage empirique et sensoriel, un ovni dans la programmation du TNB.

 

Leonine

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