Opéra : Vivaldi – Piazzola, de Venise à Buenos Aires

Par Hélène, le 4 avril 2014

  

Jeudi 20 mars 2014 à l’Opéra de Rennes

 

opera

 

« Ce concert est avant tout une invitation au voyage entre deux univers à la fois très éloignés et très proches, un mélange aussi étonnant qu’évocateur. » disait la présentation de l’Ochestre Symphonique de Bretagne. C’était un peu comme moi à l ’opéra. Non pas que je n’ai jamais vu de représentation d’un orchestre symphonique, mais disons que ce n’est pas une tradition hebdomadaire, ni même mensuelle. Quant à Vivaldi, je l’écoute en dansant dans ma salle de bain… Bref, je suis en retard, car oui, l’Opéra ça commence à l’heure.

 

 

 

Le premier violon, David Kim, se présente en anglais. Il nous montre son pupitre sur lequel il a installé son ipad et actionne la pédale qui lui sert à tourner les pages. Qui a dit qu’on était obligé d’être vieux jeu pour être premier violon ? Bon il avoue quand même, que si la batterie lâche on peut tous aller se coucher. David Kim fait partie de ces prodiges qui ont commencé le violon à 3 ans. Je vous passe sa biographie, et son curriculum vitae, qui pourraient être un article à eux seuls. Connu pour ses qualités de pédagogue, enseignant dans de nombreux lieux à travers le monde, il nous en montre un échantillon, en nous expliquant qu’il n’avait jamais compris quand applaudir pendant le concerto de Vivaldi, étant petit, et que, de ce fait, il nous indiquera quand le temps sera venu de laisser aller nos mains. Un peu comme au tennis, en fait. Il est également, Artist-in-Residence à la Eastern University en banlieue de Philadelphie, où il a été fait Docteur Honoris Causa en Lettres Humaines en Mai 2011, rien que ça. On dit de lui qu’il est «a brilliant performer with a great understanding of stylistic nuance. He plays with an elegant economy of motion, and never resorts to the histrionics of large gestures seen so frequently on stage. » Et c’est vrai, bien loin des solistes que nous avons l’habitude de voir, qui grimacent, et s’agitent, David Kim, nous livre un son parfait, ne bougeant que les doigts de la main gauche et activant son poignet droit. Aucun geste n’est inutile.

 

 

 

Ce mélange étonnant mais absolument réussi de deux œuvres bien connues, d’époques différentes, est audacieux.

On ne présente plus les Quatre Saison de Vivaldi. J’ai personnellement un faible pour le troisième mouvement d’hiver et le premier d’été. C’est pourquoi il est difficile pour moi de rester stoïque, droite sur mon siège en velours rouge dans ce fabuleux lieu. Je suis impressionnée par la capacité de tenir en place de mes voisins et j’envie le chef d’orchestre, qui lui, peut s’exprimer librement. Pendant que je me prends pour Sissi, en les observant, je scrute le lieu, des dorures, des balcons, les fresques.

Quant à l’hommage aux Quatre saisons de Vivaldi par Astor Piazolla, maitre du tango argentin, « Las Cuatro Estaciones Porteñas » («Les quatre saisons de Buenos Aires»), ensemble de quatre pièces, il se résume par « suprenant » et « réjouissant ». À la fois mélancolique et parfaitement dissonant ! Le petit bonus, c’est le directeur musical de l’OSB, Darrell Ang, originaire de Singapour, en tenue de soie brodée quand tous les autres portent une cravate. Il sautille et s’anime de mouvements comme irrépressibles, à mon plus grand plaisir. Je me trouve malheureusement trop loin pour apercevoir ses mimiques et ses expressions.

 

« Gir forte Sdruzziolar, cader a terra
Di nuove ir Sopra ‘l giaccio e correr forte
Sin ch’il giaccio si rompe, e si disserra »

 

La prochaine fois, j’apprends l’italien.

 

  

  

Hélène

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