One night in Rennes : récit d’un vendredi riche en aventures

Par Capitaine Tortue, mardi 11 juin 2013

 

Il parait que Rennes est une ville qui vit au rythme de ses étudiants. Ceux-ci ont déjà majoritairement fui leurs cités U pour regagner la quiétude du cocon parental. En témoignent le peu de débris de verre qui jonchaient la rue de la soif ce jeudi dernier. (Un indicateur particulièrement efficace pour déceler le passage récent de l’étudiant, qui, bien qu’achevant fièrement son BAC+3, n’a pas encore appris la fonction d’une poubelle). 

 

Rue de la Soif

Les étudiants ont majoritairement déserté la rue de la Soif

 

Bon. Les étudiants sont soit en exam’ soit déjà partis. Rennes est-elle devenue une ville fantôme pour autant ? Pas pour le moment en tout cas ! Et c’est ce que nous voulons vous montrer à travers ce récit d’un vendredi soir bien chargé.

  

 

21h30 – Après un rapide tour sur Soif2Rennes (Hé quoi ! Vous croyez qu’on connait le programme par cœur ?), nous repérons plusieurs soirées intéressantes autour de la rue Sainte Anne : du jazz au Ty Anna, de l’acid techno au Before Bar, du reggae-dub au Gazoline, et une soirée bass music avec Boris Viande à l’Aeternam.

 

Programme Soif2Rennes

 

Nous optons pour la terrasse de l’Aeternam, car on aime bien Boris Viande et sa trompette (vous l’avez peut-être entendu lors de la Balkan Hybrid #5). Malheureusement ce soir on est loin de l’ambiance Balkanique : la Bass Music se rapproche plus de la culture afro : ce serait un peu l’équivalent du zouk en électro, avec son lot de déhanchés et de collé-serrés. Bon c’est pas grave : à l’heure de l’apéro on n’est pas difficile, et la terrasse de l’Aeternam constitue une très bonne base pour cette activité.

  

 

22h30 – Ahhh la Karmeliet…Un verre on se sent bien. Deux verres on se sent mieux. Trois verres : on se sent plus !

Bref. Il est donc temps de partir à l’assaut des bars-concerts. Les soirées sont en prix libre, alors autant en profiter pour varier les plaisirs.

On commence par le caveau du Gazoline, et sa petite soirée reggae-dub. Une belle façade, une platine vinyl, un micro. C’est petit au point que les chanteurs évoluent parmi le public, mais c’est ça qu’est bon ! Le mur d’enceinte crache des basses ultra-fat à s’en décoller les tympans, la foule est motivée et pas trop dense par rapport aux soirées au Mondo Bizarro : on passe un bon moment en s’imaginant les pieds dans le sable et la tête dans les nuages.

 

Reggae-dub au Gazoline

Selecta – Conscious Reggae Session #11

 

23h30 – A force de vibrations, on va finir avec de l’arthrite avant l’âge ! Il est temps de migrer vers de nouveau horizons.

On arrive au caveau du Before Bar (ex Paillotte) juste à temps pour la fin de set de Romano des Epsylonn. A défaut d’acid techno, c’est un set électro / deep house qu’il nous offre. C’est parfait pour se remettre dans l’ambiance après la session dub. Mais l’électro-pwet-pwet est de courte durée, et on s’enfonce bientôt dans la profondeur des enfers avec le set doomcore de Ybrid, la reine des hardcoreuses. Ce genre de son, vous n’en entendrez pas souvent. Il faut le prendre comme une expérience sonore. On y entend ce qu’on pourrait interpréter comme des cris de créatures ténébreuses, des échos abyssaux, le tout agrémenté d’un kick acid qui tabasse. Le caveau est opaque de fumée, renforçant l’atmosphère lugubre. Le public joue le jeu : on se défoule, on voyage, et on ressort de là presque rassurés de retrouver le monde réel.

 

Ybrid au Before Bar

Ybrid – Circles Revolution – Before Bar

 

 

1h – Les portes des enfers se sont instantanément refermées…car quelqu’un a allumé la lumière ! Hé oui, il est 1h du matin et le centre-ville ferme boutique. Nous nous dirigeons alors vers l’UBU où il se joue de la bonne minimale berlinoise à l’occasion des 2 ans de la Crab Cake. Beaucoup de fervents amateurs d’électro sont allergiques à l’UBU. Il serait pourtant dommage de passer à côté d’Acid Pauli et NU, qui sont aux commandes de la soirée pour un set duo de 6 heures. Voici donc notre analyse : en arrivant sur place, on note que la Crab Cake ne fait pas exception à la réputation de l’établissement : le public est jeune, et pas tellement diversifié. Néanmoins, la configuration de la salle en mode club est sympa : les gradins font office de podiums, ce qui permet de répartir la foule sur plusieurs niveau : une utilisation efficace de l’espace pour une soirée clubbing. Les DJs sont perchés en hauteur et sont donc bien en vue du public. Même si la salle est pleine, on trouve quand-même de l’espace pour danser sans se bousculer. Le système son est bon, et diffuse une minimale planante comme on a rarement l’occasion d’en entendre par chez nous. Vous auriez donc eut intérêt à venir si vous êtes amateur de minimale bien propre à la sauce allemande. Et puis si le public vous dérange, rien ne vous empêche de vous entourer d’une bonne bande de copains !

 

Crab Cake à l'UBU

Crab Cake – L’UBU en mode club : bonne utilisation de l’espace

 

2h30 – Après un tour en Afrique, en Jamaïque, en Enfer, puis à Berlin, il est temps de s’orienter vers une ambiance plus particulièrement rennaise : le hangar 39 pour la Knockers party.

A quelques minutes seulement de l’UBU, et pour la modique somme de 3 euros, nous accédons à une soirée difficilement définissable. Ça ressemble à une free-party, avec son hangar désaffecté, ses camions, ses colonnes d’enceintes et cette liberté d’aller et venir. Pourtant, il y a quelque chose de différent. Ce hangar est propre, décoré et même meublé de canapés : on s’y sent bien ! Musicalement c’est plus accessible, moins bourrin et plus festif que dans une teuf. Mais on y retrouve le même côté décalé. Ainsi, parmi des morceaux d’électro, minimal, drum’n'bass ou hardtek, on se laisse surprendre par un passage de la BO du Grand Bleu, ou une vieille chanson des années 50. C’est la boume !

 

Knockers party au 39

Une belle déco dans le hangar

 

Le public aussi fait plaisir à voir : ici se côtoient robes de soirées, parkas kakis, chaussures à talons et rangers. On croise des amis, des connaissances, des camarades de soirée, des têtes connues de tous les horizons. On retrouve ici la même soif de liberté que dans les free-parties d’antan, seul le message a changé. La musique est moins contestataire, et plus commerciale. Le message n’est plus « On emmerde la société » mais « Regardez comme on peut faire les mêmes soirées qu’ailleurs, mais autrement ». Car le confort d’une salle de concert est bien là, seul le prix et la liberté changent. S’il te plait Ville de Rennes, ne nous enlève pas ce hangar !

 

Chill out au 39

Un chill-out qui nous tend les bras

 

6h – La soirée dure suffisamment pour nous permettre d’admirer un beau lever de soleil sur la plaine de Baud. C’est l’occasion d’une petite rétrospective : on aura goûté à 4 ambiances électro et une soirée reggae en l’espace d’une nuit. Alternativement, il y avait aussi 3 soirées jazz, un concert de musique indienne, et un concert de folk wave / indie noise ce même soir. On ne peut donc que constater que Rennes regorge de bons plans culturels pour ceux qui ont soif2découverte !

 

Levé de soleil sur la plaine de Baud

 

Capitaine Tortue

 

 

 

 

 

 

 

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