La Traviata se joue à l’Opéra de Rennes

Par Léouch, jeudi 30 mai 2013

 

Opéra Italien écrit en 1853 par Guiseppe Verdi, la Traviata est un hymne tragique à l’amour, un drame où se défoule les passions de Violetta et Alfredo, deux jeunes personnes évoluant dans la vie mondaine. Cette œuvre constitue une véritable rupture dans la dramaturgie lyrique de cette époque de part le réalisme musicale qui la ponctue et de part l’effacement d’une distance pudique avec la société qu’elle met en scène. 

 

 

 

La Traviata, qui a fait l’objet de fortes critiques lors des premières représentations en 1853, est considérée aujourd’hui comme une œuvre majeure de cet art total.
Il faut donc replacer l’œuvre dans son contexte de création pour entrevoir l’ampleur de cette pièce qui, dans un élan de modernité, reflète sans concession un univers bourgeois avec ses perversions, ses déviances et ses jugements hypocrites.

 

Traviata-rennes

 

Le spectacle a été mis en scène par Jean-Romain Vesperini à l’opéra de Limoges en coproduction avec l’opéra de Reims et celui de Rennes. C’est à l’occasion de la pré générale de Rennes que nous avons eut l’opportunité de découvrir le résultat de la collaboration entre ces trois pôles artistiques.

Il faut noter la portée innovante amenée par les nouvelles technologies sur l’événement : un extrait a été numérisé lors de la pré-générale via des caméras hautes définition ainsi que par une captation à 360° permettant une appréhension très réaliste des couleurs, textures etc…Cet extrait sera mis à disposition du public le 4 juin entre midi et 18h30 dans les salons de l’hotel de ville. Le public pourra également y découvrir la technologie de captation spatialisée du son permettant de baigner dans un univers sonore tridimensionnelle.

Mais surtout, l’opéra sera diffusé en direct le 4 juin à 20h sur écrans géants dans différentes villes. Une chorale viendra ajouter une dose de jovialité durant l’entracte, invitant les spectateurs à fredonner l’air à boire « Libiamo ». 

 

 

L’opéra se déroule en trois actes et dans trois lieux disparates (Le salon de Violetta, une maison de campagne et une fête mondaine) relatant les épopées amoureuses du couple et les bouleversements moraux de Violetta. Cette jeune femme dont les vices sont annoncés dès le premier acte souffre d’une maladie la condamnant à une mort certaine. Elle est le symbole d’une société riche et dévergondée, dont les aléas se cantonnent à des bouleversements amoureux dans une atmosphère aux frontières du libertinage. Son extrême beauté lui vaut la convoitise de nombreux soupirants dont Alfredo, qui lui exprime avec empressement sa dévotion. Les péripéties de la pièce sont déclenchées par le bouleversement émotionnel de cette jeune ingénue en amour découvrant la pureté des sentiments de ce dernier.

 

© Laurent Guizard

 

N’ayant ni famille, ni proches à qui se confier sans subir les messes basses de ses hôtes, elle se laisse conquérir par cet homme pieux allant jusqu’à rompre avec sa vie mondaine en s’installant dans une maison de campagne avec son bien aimé. Seulement, malgré la rédemption de Violetta et la noblesse de ses sentiments pour Alfredo les deux amants se voient rattraper par une réalité économique qu’ils n’osent s’avouer mutuellement. Ils se ruinent tous deux. L’entrée du Père d’Alfredo va aggraver cette crise. Il somme Violetta de renoncer à son amour pour son fils au nom du bien-être de sa famille et de la réussite de ce dernier. La jeune fille, déchirée par sa décision, accepte et rejoins le monde auquel elle appartenait en prétextant son amour pour un autre. Le dénouement est l’apothéose du drame, les deux amants se retrouvent lors d’une fête orgiaque organisée par Flora, une amie de la belle. La colère d’Alfredo, l’éclatement au grand jour des manigances de son père et la maladie de Violetta qui se déchaîne constitue un troisième acte haut en rebondissements qui se conclue par la mort de la jeune fille.

 

© Laurent Guizard

 

Toute l’intrigue se déroule dans un même espace scénique évoluant de façon astucieuse pour évoquer les trois lieux majeurs. Le décors, au commencement, est très épuré et s’obstrue d’objets au fur et à mesure que l’histoire se complexifie, tel un tableau délaissant sa transparence au profit de l’amoncellement des non-dits. Seule la lumière blanche émanant de Violetta lors de son dernier souffle redonne de la clarté à la scène. Elle semble avoir délaissée toute forme de perversion et devient une icône de sainte dans cette société obscurcie par la fausseté.

 

Les costumes viennent appuyer cette rupture, les amies de Violetta arborent des robes colorées et séduisantes ornées par de nombreux bijoux et accessoires extravagants, celle-ci porte une robe sobre et laiteuse flottant à chacun de ses mouvements.
La cohérence du décors, des costumes et des ambiances créées par la lumière offre à la pièce originale une interprétation supplémentaire et innovante de la part du metteur en scène.

 

© Laurent Guizard

 

Il est aussi important de saluer la performance de l’orchestre symphonique de Bretagne dirigé par Antony, un chef d’orchestre néerlandais dont les gestes énergiques ajoutaient de l’ardeur jusque sur la scène.
Nous sommes ressortis de cette pré générale avec les mélodies entêtantes de la Traviata aux lèvres et traversés par des envies compulsives de sérénades amoureuses.

 

 Rendez-vous mardi 4 mai, 20h place de la mairie pour  vivre l’expérience sur écran géant !

 

Léouch

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