Report : Quartier libre (Dazibao)

Par Quentin LE PALUD – Mardi 9 Avril 2013

 

Dazibao, la teuf en taule !

 

Dazibao est un concept de soirée destiné aux jeunes pour leur permettre de trouver une ambiance conviviale (et surtout gratuite) un jeudi soir par mois. Peut-être êtes vous déjà passés par là ou alors par la prison Jacques Cartier durant votre jeunesse turbulente ? En tout cas le mariage inédit des deux s’annonçait clairement sous le signe de l’originalité. L’initiative venant de la collaboration du Crij, souvent présent halle Martenot, place des lices, et du Genepi dans la cadre de leur action « le printemps des prisons ».

 map

 

Cette fois ci l’âge des quelques 5000 visiteurs allait « de 7 à 77 ans ». Des riverains mais aussi de nombreux rennais se pressaient dès 20h à l’entrée de la prison pour découvrir ce lieu de l’intérieur. Des familles venues avec leurs enfants en poussettes aux simples curieux, chacun avait une bonne raison de venir faire un tour. Pour Geoffrey, 20 ans, venir ce jeudi 4 avril était une façon de remonter dans le temps. « Etant fils de militaires, j’habitais avant dans un logement de fonction situé juste en face de la cour. J’avais donc une vue directe sur la prison, ça m’arrivait même de récupérer des ballons de foot ! Là je viens pour revoir mon appart’ mais de l’autre côté du mur », confie t-il.

 

64429_468839703184496_1515610058_n

 

L’engouement du public ne faiblit pas et même le froid glacial qui règne en cette soirée de printemps ne décourage pas les visiteurs. La file d’attente à l’entrée de la prison est impressionnante. Il faut donc s’armer de patience pour enfin arriver dans ce lieu chargé d’histoire, édifié en 1903. Une fois passé la cour, la foule se retrouve dans le « rond-point » (voir plan), surplombé par une installation d’où se succèdent différents DJs. Seul le rez-de-chaussée est ouvert au public, qui peut profiter des différents ateliers mis en place dans la cadre de Dazibao. L’association Genepi, présente dans 5 cellules, sensibilise sur les conditions de détentions des prisonniers. Les cellules de 9m² accueillant parfois jusqu’à 3 détenus, dont certains dormaient sur un matelas à même le sol ! La vétusté des locaux, et les inscriptions gravées sur les murs donnent une petite idée de ce que devait être le quotidien des personnes incarcérées.

 

Dazibao-inscription-murs

 

Enfin dans la cour extérieure se trouve une scène où se succèdent des groupes de beatbox, hip hop et un de musique tzigane : « the HopHopHop crew » qui trouve très vite un écho auprès des courageux spectateurs inventant toute sortes de danses pour se réchauffer. Mais la pluie et le froid n’aident pas le public à rester pour assister aux différentes représentations. L’association de quartier, située sous un chapiteau distribue pourtant des soupes et brochettes de fruits et légumes, fortement appréciées. Au fur et à mesure que l’heure tourne on assiste certes à un léger rajeunissement du public néanmoins toujours aussi nombreux. A minuit, les plus patients attendent toujours leur droit d’entrée, après 2h30 de queue ! Ceci démontre tout de même une organisation quelque peu dépassée par l’événement. N’aurait-il pas été préférable d’ouvrir la prison pendant la journée et de consacrer un autre temps à la soirée Dazibao ?

 

Dazibao-scene-exterieur

 

Une question se pose à la fin de la soirée,  quid de ces bâtiments dans l’avenir ? Il se murmure que les choses n’évolueront pas avant très longtemps. Alors pourquoi pas une seconde édition l’année prochaine ?

 

 

 

Voir la gallerie photos

 

 

Quentin LE PALUD

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

<< Retour à la page précèdente

<< Retour à l'accueil : Toutes les sorties à Rennes