Danse – Si(x) danseurs en quête d’auteur au Triangle

 Par Léouch, lundi 4 février 2014 

 

Si(x) danseurs en quête d’auteur, 31 janvier 2014 au Triangle

 

 

 

Au commencement, c’est le vide obscure et déstabilisant. Une voix nourrit le vide, le matérialise en mots articulés. Le vide devient audible, prétexte à la compréhension. Et la voix s’étiole sous le geste sans parole, hiéroglyphe de l’espace. Cinq corps gestuels, unis par la disparité, la limite de l’un n’est vécut que par la rencontre de l’autre. Le sixième, c’est l’espace, issu de l’altercation des cinq autres. Entre violence et attention à l’étranger, entre le moi-peau et le lui intègre, entre les membres créant des chemins à l’infini. Ils dansent tous pour le sixième, pour lui laisser la place d’exister ou le réduire au contact des rencontres. L’espace devient informe, en constante mouvance et métamorphose. Ses limites sont poreuses, parfois absorbantes parfois repoussantes. 

 

Photo - Philippe Laurent

Photo – Philippe Laurent

 

Ce qui est vécut est expérience spatiale, intemporelle toutefois. Aux résonances textuelles venant troubler l’expérience pure. Comment réinventer un langage sur les bases d’une langue préexistante? Comment se détacher d’un prétexte narratif si on réutilise le discours ? C’est tout le paradoxe de cette pièce qui tente de laisser la parole au corps tout en le contraignant à écouter un texte de Pirandello, au sens autoritaire. Cette septième présence est parasite. D’une volonté de trop en dire, elle rétablie le sens qu’on voulait voir mourir. Ainsi malgré sa volonté de disparaître, Daniel Dobbels (le chorégraphe) prêtant sa voix au texte en question, reste très présent.

 

Photo - Nina Hernandez

Photo – Nina Hernandez

 

 De plus, l’apparition d’un objet à la fin de la pièce entretient ce parasitisme. La beauté de cette pièce tient du fait que toute matérialité immuable est absente, seule la réalité des corps engendre des espaces imaginaires, au lointain si proche. On regrette donc de voir réapparaître un petit moulin à café si réel, si terre à terre. 

 

 

On salut tout de même la performance des danseurs. Ils sont la preuve qu’un rapport à l’autre respectueux et sensible est encore possible. Il n’est jamais question de contraintes ni de rencontres anthropophages, la présence à l’autre est vécut sans être subie.

 

 

Léouch

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